Le Kīlauea ne crache plus de fontaines depuis la fin août, mais il est loin d’être endormi. Le 14 octobre 2026, la lave s’est remise à déborder des bouches du cratère Halemaʻumaʻu, deux semaines après l’injection d’un dyke de magma sous la caldeira sommitale. L’observatoire volcanologique d’Hawaï (HVO) maintient le volcan au niveau d’alerte « Watch », avec un code aviation orange.
- Débordements de lave relancés le 14 octobre à 11 h 08 (heure d’Hawaï) depuis la bouche nord.
- Intrusion d’un dyke peu profond sous le nord de la caldeira du 30 septembre au 1er octobre.
- Des fissures jusqu’à 15 cm de large et près de 60 °C relevées sur le plancher de la caldeira.
- Dernier épisode de fontaines, le 54e, le 25 août 2026 ; le prochain reste impossible à dater.
Plan de l'article
Que se passe-t-il au sommet du Kīlauea cette semaine ? #
Selon la mise à jour quotidienne de l’USGS du 15 octobre, les débordements depuis la bouche nord ont repris le 14 octobre à 11 h 08, heure locale. Douze ont été comptés avant le coucher du soleil, plus un depuis la bouche sud. Un nouveau débordement, accompagné de jets de gaz, est sorti de la bouche nord le 15 octobre à 4 h 46.
Les trois bouches du complexe (nord, sud et ouest) projetaient des lambeaux de lave, ce que les volcanologues appellent des spatters. Le trémor volcanique, cette vibration continue du sol liée aux mouvements de fluides, s’est poursuivi, avec des bouffées irrégulières revenues vers midi.
Côté sismicité, l’observatoire a enregistré 20 séismes superficiels en 24 heures, surtout dans le sud de la caldeira. Les inclinomètres montrent une légère tendance au gonflement, et les stations GPS de part et d’autre d’Halemaʻumaʻu s’écartent un peu depuis la fin septembre : le sommet regonfle lentement.
Qu’est-ce que l’intrusion de dyke du 30 septembre ? #
Un dyke est une lame de magma qui se fraie un chemin à travers la roche, souvent à la verticale, sans forcément atteindre la surface. D’après le bulletin d’état du HVO du 7 octobre, un essaim sismique a débuté vers 14 h le 30 septembre, à environ 1,5 km sous les bouches d’Halemaʻumaʻu.
Dans la soirée, les séismes ont migré vers le nord-est, à la même profondeur, sous la caldeira Kaluapele. Au total, environ 130 secousses ont été enregistrées, dont la plus forte, de magnitude 3,5, le 2 octobre à 7 h 55 sous le bord nord d’Halemaʻumaʻu. L’inclinomètre d’Uēkahuna a basculé de plus de 40 microradians vers le nord-ouest en 18 heures environ.
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Les images radar du satellite italien COSMO-SkyMed, prises entre le 24 septembre et le 2 octobre, dessinent un dyke presque vertical, logé à 300 mètres environ ou moins sous la surface. Il suit des fractures héritées de l’effondrement de la caldeira en 2018, du cratère vers le nord-ouest de Kaluapele.
Que voit-on sur le terrain ? #
Les équipes du HVO sont descendues sur le plancher de la caldeira le 6 octobre. Leur chronologie photo montre de nouvelles fissures dans la partie nord, la plus large mesurant 15 cm. La caméra thermique y a relevé une température maximale proche de 60 °C.
Pour distinguer ces fissures récentes des anciennes, les géologues ont regardé deux indices : des bords nets dans les dépôts de téphras, ces fragments de lave projetés lors des fontaines, et des racines de végétation arrachées et étirées au-dessus des fentes. Une vapeur tiède, plus discrète que les fumerolles habituelles, s’en échappe et dérive vers le sud-ouest avec les alizés.
La même image satellite révèle aussi des fissures ouvertes entre le 14 et le 16 septembre. Le sommet du Kīlauea se déforme donc par à-coups depuis plusieurs semaines.
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Pourquoi les fontaines de lave se sont-elles arrêtées ? #
Depuis le 23 décembre 2024, l’éruption du Kīlauea avance par épisodes. La lave jaillit en fontaines pendant quelques heures, puis tout se calme le temps que le réservoir se remplisse. Le 54e épisode a eu lieu le 25 août 2026, et aucun n’a suivi depuis.
L’USGS ne relie pas formellement cette pause à l’intrusion de fin septembre, mais les deux phénomènes se partagent le même réservoir superficiel. Entre deux épisodes, le sommet continue malgré tout de rejeter entre 1 000 et 5 000 tonnes de dioxyde de soufre par jour, selon l’USGS.
À quoi faut-il s’attendre maintenant ? #
L’observatoire reste prudent. Ses modèles ne permettent pas de prévoir la date du prochain épisode de fontaines. Trois scénarios sont jugés possibles : un 55e épisode depuis le complexe de bouches nord-sud, de nouvelles intrusions sous Kaluapele, ou une éruption passive par les fissures existantes, avec peu de séismes ou de déformation.
Le bulletin du 7 octobre ajoute que de nouvelles intrusions dans le même secteur restent le scénario le plus probable, tant les réseaux de fractures sont nombreux au nord du cratère. Le HVO prévient que la situation « pourrait évoluer rapidement ».
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Peut-on encore observer le volcan ? #
Les effets d’une éruption au sommet devraient, pour l’essentiel, rester dans les zones déjà fermées du parc national des volcans d’Hawaï. Par vent défavorable, les belvédères proches de la caldeira peuvent cependant recevoir du gaz et des retombées de téphras.
La sismicité augmente aussi le risque d’éboulements le long des falaises de Kaluapele. L’observatoire recommande d’éviter le bord des falaises comme leur pied. Avant toute visite, mieux vaut consulter les fermetures annoncées par le parc et la mise à jour quotidienne de l’USGS.
Questions fréquentes #
Le Kīlauea est-il en éruption en ce moment ?
Oui. L’éruption commencée le 23 décembre 2024 se poursuit, mais sans fontaines depuis le 25 août. Elle se traduit à la mi-octobre par des débordements et des projections de lave depuis les bouches d’Halemaʻumaʻu.
Que signifie le niveau d’alerte « Watch » ?
Dans l’échelle de l’USGS, « Watch » désigne un volcan en agitation croissante ou en éruption aux dangers limités. Le code aviation orange correspond à une éruption en cours avec peu ou pas d’émission de cendres, ou à une agitation qui peut y mener.
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Une intrusion de dyke annonce-t-elle une éruption ?
Pas forcément. Beaucoup de dykes restent sous la surface. Celui de septembre n’a pas percé, mais il montre que du magma circule à faible profondeur sous la caldeira.




