El Niño « très fort » jusqu’en 2027 : ce que dit l’OMM

L’Organisation météorologique mondiale (OMM) a annoncé le 3 septembre 2026 qu’El Niño allait atteindre une « très forte intensité » dans les prochains mois, avec une probabilité « exceptionnellement élevée, de près de 100 % » qu’il persiste jusqu’en février 2027. C’est la première fois qu’un bulletin El Niño/La Niña de l’agence onusienne est aussi catégorique. Et ce n’est pas la seule alerte de la rentrée : une étude publiée fin août dans la revue Science montre que les épisodes El Niño récents sont plus puissants qu’à aucun moment depuis 1 000 ans.

En bref

  • L’OMM prévoit un El Niño de très forte intensité, quasi certain (« près de 100 % ») jusqu’en février 2027, avec un pic attendu fin 2026.
  • Le Pacifique tropical affiche déjà des anomalies de +2,2 à +2,6 °C en surface, et plus de 8 °C au-dessus des normales sous la surface par endroits.
  • Une étude parue dans Science le 27 août (coraux des Galápagos) conclut que la variabilité d’El Niño est environ 36 % plus élevée qu’avant l’ère industrielle — du jamais-vu en 1 000 ans.
  • Selon des climatologues cités par France 24, 2027 pourrait devenir l’année la plus chaude jamais mesurée.
« ‘Strongest El Niño of the century’ is coming. Should we be scared? | BBC News » — BBC News (1,5 M de vues sur YouTube au 04/09/2026)

Ce que dit exactement l’OMM #

Dans son communiqué publié le 3 septembre à Genève, l’OMM écrit qu’El Niño est « solidement installé » et qu’il va s’intensifier « jusqu’à un événement très fort » dans les prochains mois, avant un pic vers la fin de l’année. Les prévisions de ses centres mondiaux de production indiquent une « probabilité exceptionnellement élevée, de près de 100 % », de voir le phénomène se maintenir jusqu’en février 2027 — soit les cinq prochains mois —, avec des impacts climatiques qui se prolongeraient bien au-delà, en 2027.

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Les mesures relevées cet été donnent la tendance : entre fin juillet et mi-août, les anomalies hebdomadaires de température de surface du Pacifique tropical ont oscillé entre +2,2 et +2,6 °C. Sous la surface, certaines zones ont dépassé de plus de 8 °C les valeurs habituelles. « El Niño signifie “petit garçon” en espagnol, mais il peut porter un coup massif aux communautés et aux économies à travers le monde », prévient Celeste Saulo, secrétaire générale de l’OMM, qui appelle à une « préparation exceptionnelle ». Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, va plus loin : « El Niño grossit sous nos yeux. La science ne laisse aucune place au doute : la planète est en eaux inconnues. »

L’OMM rappelle toutefois une nuance importante : la force d’un épisode ne détermine pas, à elle seule, la sévérité de ses impacts, qui varient fortement d’une région à l’autre.

Les coraux des Galápagos : un El Niño sans équivalent depuis 1 000 ans #

Ce phénomène « très fort » s’inscrit dans une tendance de fond documentée par une étude publiée le 27 août 2026 dans la revue Science. L’équipe de Julia Cole, professeure à l’université du Michigan, a analysé 13 carottes de coraux vivants et fossiles des îles Galápagos. Comme les carottes de glace pour les pôles, les squelettes de coraux archivent le climat du passé : leurs rapports strontium/calcium et leurs isotopes de l’oxygène gardent la trace des températures de l’eau dans laquelle ils ont grandi.

Le verdict couvre un millénaire : les épisodes El Niño des quarante dernières années n’ont pas d’équivalent depuis 1 000 ans, et la variabilité du phénomène est « environ 36 % plus élevée dans l’est du Pacifique équatorial qu’à l’époque préindustrielle ». « Ce renforcement va de pair avec le réchauffement climatique, il semble donc être lié au réchauffement de la planète », explique Julia Cole. Autrement dit : El Niño est un phénomène naturel, mais il s’exprime désormais dans un océan réchauffé par les activités humaines — et il en sort plus violent.

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2027, année la plus chaude jamais mesurée ? #

C’est la conséquence la plus scrutée. Selon les calculs des climatologues Zeke Hausfather et Andrew Dessler, relayés par France 24, cet El Niño ajouterait environ +0,3 °C à la température moyenne mondiale en 2027 — l’impact du phénomène se faisant surtout sentir l’année qui suit son pic. 2027 pourrait ainsi devenir l’année la plus chaude jamais mesurée. Toujours selon France 24, les prévisions évoquent un pic d’anomalie de 3,9 °C en novembre 2026 dans le Pacifique, bien au-dessus des 3 °C relevés en 2015, et la NOAA estimait en août à 69 % la probabilité que cet épisode soit le plus important depuis 1950. Des projections, pas des certitudes : tout dépendra du comportement réel du phénomène cet automne.

Des effets déjà visibles : l’Équateur en alerte rouge #

Certains pays n’attendent pas le pic. Fin août, l’Équateur a déclaré l’alerte rouge sur tout son territoire, en prévision de sécheresses et d’incendies en Amazonie. Le pays garde en mémoire l’épisode 1997-1998, le plus grave qu’il ait connu depuis 1950 : près de 300 morts, plus de 20 000 sinistrés et 3 milliards de dollars de pertes économiques. Côté agriculture mondiale, la FAO redoute qu’une sécheresse liée à El Niño pèse sur la récolte de maïs 2026-2027 ; et la NOAA évalue à 70 % la probabilité d’une saison cyclonique plus active que la normale dans l’est du Pacifique, quand l’Atlantique devrait au contraire connaître moins de cyclones.

Les grands épisodes El Niño, en un coup d’œil #

Épisode Ce que disent les données
1997-1998 Épisode de référence. En Équateur : près de 300 morts, plus de 20 000 sinistrés, 3 milliards de dollars de pertes.
2015-2016 Anomalie d’environ 3 °C relevée dans le Pacifique en 2015.
2026-2027 « Très forte intensité » annoncée par l’OMM ; pic d’anomalie prévu vers 3,9 °C en novembre 2026 et 69 % de probabilité d’être le plus fort depuis 1950, selon les prévisions relayées par France 24.

Et pour la France, concrètement ? #

Aucun service météo ne peut promettre un scénario précis à trois mois — toutes les projections qui suivent sont donc à lire au conditionnel. Selon le Met Office britannique, cité par We Demain, El Niño augmente en Europe du Nord la probabilité de conditions « plus douces, humides et venteuses » en automne. Les prévisions saisonnières de Severe Weather Europe, relayées par Futura, dessinent pour l’hiver 2026-2027 des précipitations excédentaires sur la moitié nord et l’est du pays, un enneigement très déficitaire en montagne et un risque de tempêtes accru, porté par un courant-jet d’ouest récurrent.

Un hiver plus doux et plus arrosé que la normale n’aurait rien d’anecdotique après un début d’année 2026 déjà nettement plus chaud que les normales en France : sols saturés, crues possibles au nord et à l’est, saison de ski sous tension. Mais la connexion entre El Niño et le climat européen reste l’une des plus incertaines qui soient — les services météo eux-mêmes invitent à prendre ces tendances « avec prudence à une échéance aussi lointaine ».

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Questions fréquentes #

Jusqu’à quand cet épisode El Niño va-t-il durer ?

Selon l’OMM, la probabilité qu’El Niño persiste jusqu’en février 2027 est « exceptionnellement élevée, de près de 100 % ». Le pic d’intensité est attendu vers la fin de 2026, mais les impacts climatiques devraient se prolonger bien en 2027.

Cet El Niño est-il lié au réchauffement climatique ?

El Niño est un phénomène naturel, mais l’étude publiée dans Science le 27 août 2026 (coraux des Galápagos, université du Michigan) montre que sa variabilité est environ 36 % plus élevée qu’avant l’ère industrielle, un renforcement que les auteurs relient au réchauffement de la planète.

Quels effets possibles en France cet hiver ?

Au conditionnel : un automne et un hiver plus doux, plus humides et plus venteux que la normale, avec des pluies excédentaires au nord et à l’est et un enneigement déficitaire en montagne, selon le Met Office et les prévisions saisonnières relayées par Futura. Ces projections restent très incertaines à cette échéance.

À retenir #

L’OMM confirme un El Niño de très forte intensité, quasi certain jusqu’en février 2027, avec un pic fin 2026 — du jamais-vu dans le ton de ses bulletins. Les coraux des Galápagos montrent que le phénomène est déjà plus puissant qu’à aucun moment du dernier millénaire, un renforcement que les chercheurs relient au réchauffement d’origine humaine. Pour la France, les scénarios évoquent un hiver plus doux, humide et venteux, à confirmer ; à l’échelle mondiale, 2027 pourrait devenir l’année la plus chaude jamais mesurée. Le bon réflexe : suivre les bulletins officiels (OMM, Météo-France, NOAA) plutôt que les scénarios les plus alarmistes.

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