La statue de la Vierge Marie du rond-point du Stabiacciu, à l’entrée sud de Porto-Vecchio (Corse-du-Sud), a été arrachée de son socle et détruite dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre 2026, et deux hommes de 21 et 24 ans, poursuivis pour « dégradations graves en réunion » et « exhibition sexuelle », seront jugés le 16 novembre par le tribunal correctionnel d’Ajaccio. Une vidéo montrant la dégradation et un geste obscène simulé sur la statue a circulé sur les réseaux sociaux, déclenchant une vague d’indignation dans toute l’île. Les deux mis en cause, placés sous contrôle judiciaire, bénéficient de la présomption d’innocence jusqu’au jugement.
Plan de l'article
En bref #
- Les faits : la statue de la Vierge du rond-point du Stabiacciu a été détruite dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre ; une vidéo de la scène a été diffusée en ligne.
- Les poursuites : deux hommes, un influenceur toulousain et son ami d’enfance, sont poursuivis pour « dégradations graves en réunion » et « exhibition sexuelle ».
- Le contrôle judiciaire : interdiction de paraître en Corse et pointage régulier dans leur département de résidence, dans l’attente du procès fixé au 16 novembre 2026 à Ajaccio.
- La mobilisation : rassemblement devant la gendarmerie avec dépôt d’un cercueil vide, puis environ 500 personnes réunies en prière au rond-point à l’appel du curé de Porto-Vecchio.
Ce qui s’est passé dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre #
Les dégradations ont été constatées au matin du jeudi 1er octobre : la statue de la Vierge Marie, installée au rond-point du Stabiacciu, à l’entrée sud de Porto-Vecchio, gisait au sol, détachée de son socle et brisée, rapporte France 3 Corse ViaStella. Une vidéo prise pendant la scène, montrant la dégradation et un acte obscène simulé sur la statue, a rapidement circulé sur les réseaux sociaux.
Deux hommes ont été interpellés et placés en garde à vue dès le 1er octobre. Âgés de 21 et 24 ans selon ICI France Bleu RCFM, ils étaient venus à Porto-Vecchio dans le cadre de contrats saisonniers dans l’hôtellerie-restauration. Le premier est présenté comme un influenceur toulousain, le second comme son ami d’enfance. Une vidéo diffusée en ligne ne suffisant pas, à elle seule, à établir les responsabilités pénales, c’est à l’enquête et au tribunal qu’il reviendra de préciser le rôle de chacun.
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Chronologie de l’affaire #
- Nuit du 30 septembre au 1er octobre : la statue est arrachée de son socle et détruite ; la vidéo de la scène circule sur les réseaux sociaux.
- Jeudi 1er octobre : interpellation et garde à vue des deux hommes. L’après-midi, plus de 100 personnes se rassemblent devant la gendarmerie de Porto-Vecchio, où un cercueil vide portant les noms des deux mis en cause est déposé. Le soir, environ 500 personnes participent à un rassemblement de prière au rond-point du Stabiacciu.
- Vendredi 2 octobre : le parquet d’Ajaccio annonce les poursuites et le placement sous contrôle judiciaire, avec interdiction de paraître en Corse et départ immédiat de l’île.
- Vendredi 3 octobre : le commandant de bord d’un vol Ajaccio-Paris refuse de les embarquer ; refoulés également d’au moins un hôtel, ils n’avaient pas pu quitter l’île au soir du 3 octobre.
- 16 novembre 2026 : audience prévue devant le tribunal correctionnel d’Ajaccio.
Des poursuites pour « dégradations graves en réunion » et « exhibition sexuelle » #
Le vendredi 2 octobre, le parquet d’Ajaccio a placé les deux hommes sous contrôle judiciaire. Ils sont poursuivis des chefs de « dégradations graves en réunion de la statue de la Vierge Marie au préjudice de la paroisse et de la mairie de Porto-Vecchio » et d’« exhibition sexuelle ». Ces qualifications décrivent les faits reprochés par le parquet ; elles ne préjugent en rien de la décision du tribunal.
Pour le lecteur qui veut les références exactes : la dégradation aggravée commise « en réunion » est punie d’un maximum de 5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende (articles 322-1 et 322-3 du code pénal), un plafond porté à 7 ans et 100 000 euros lorsque deux circonstances aggravantes sont cumulées. L’exhibition sexuelle est passible d’un maximum de 1 an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende (article 222-32). Ce sont des maximums légaux, pas un pronostic : un contrôle judiciaire n’est pas une condamnation, et seuls les juges apprécieront les faits le 16 novembre.
Le parquet a justifié l’éloignement imposé : « cet éloignement et la proximité de la date d’audience doivent permettre de juger sereinement cette affaire », qui a suscité un retentissement local très important.
Un contrôle judiciaire difficile à exécuter #
Le contrôle judiciaire ordonnait un départ immédiat de Corse. Son exécution s’est heurtée à l’hostilité rencontrée sur place, rapporte France 3 Occitanie : vendredi 3 octobre, le commandant de bord d’un vol Ajaccio-Paris a refusé d’embarquer les deux hommes, pris en charge ensuite par la police aux frontières. Au moins un hôtel a refusé de les loger et ils ont été raccompagnés sous escorte policière. Au soir du 3 octobre, selon les dernières informations publiées, ils n’avaient toujours pas pu quitter l’île.
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À Porto-Vecchio, la colère puis le recueillement #
La réaction locale a été immédiate. Jeudi après-midi, plus de 100 personnes se sont rassemblées devant la gendarmerie et un cercueil vide portant les noms des deux hommes a été déposé devant la brigade, rapportent CNews et ICI. Le soir même, environ 500 personnes ont répondu à l’appel du curé de Porto-Vecchio, l’abbé Thibault Lambert, pour un rassemblement de prière au rond-point du Stabiacciu, en présence d’élus, de familles et de pompiers en uniforme.
Le maire de Porto-Vecchio, Jean-Christophe Angelini, a dénoncé « un acte inqualifiable », demandé une réponse pénale proportionnée et annoncé que la commune participera à la restauration de la statue au même emplacement. Au-delà du préjudice matériel, c’est l’atteinte à un repère religieux et affectif du quotidien qui explique l’ampleur de l’émotion : comme souvent pour le petit patrimoine religieux de nos communes, la statue du Stabiacciu faisait partie du paysage familier des Porto-Vecchiais, dans une île où les traditions religieuses populaires restent très vivantes.
FAQ #
Qui sont les deux hommes poursuivis ?
Deux hommes de 21 et 24 ans, venus en Corse comme saisonniers dans l’hôtellerie-restauration : un influenceur toulousain et son ami d’enfance. Les médias établis ne les nomment pas publiquement et ils bénéficient de la présomption d’innocence jusqu’au jugement.
Que risquent-ils au maximum ?
Jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende pour dégradation aggravée commise en réunion (7 ans et 100 000 euros si deux circonstances aggravantes sont cumulées), et jusqu’à 1 an et 15 000 euros pour exhibition sexuelle. Ce sont des plafonds légaux : seule la décision du tribunal fixera une éventuelle peine.
Quand et où seront-ils jugés ?
L’audience est fixée au 16 novembre 2026 devant le tribunal correctionnel d’Ajaccio. D’ici là, leur contrôle judiciaire leur interdit de paraître en Corse et les oblige à pointer régulièrement dans leur département de résidence.
À retenir #
La destruction de la statue de la Vierge du Stabiacciu, filmée et diffusée en ligne, a provoqué une indignation massive à Porto-Vecchio et au-delà. Deux hommes, poursuivis pour « dégradations graves en réunion » et « exhibition sexuelle », comparaîtront le 16 novembre 2026 devant le tribunal correctionnel d’Ajaccio. Placés sous contrôle judiciaire avec interdiction de paraître en Corse, ils restent présumés innocents. La commune a annoncé que la statue serait restaurée au même emplacement.




